Keitai – téléphone mobile japonais

Introduction

Keitai ou ketai -de keitai denwa (携帯電話)- est le mot utilisé au Japon pour le téléphone mobile qui fait partie intégrante du quotidien nippon. Dans le train, la rue ou à l’izakaia, les japonais ne peuvent s’empêcher d’utiliser leur mobile pour surfer sur le web, téléphoner, envoyer des e-mails (le sms n’est généralement pas utilisé, chaque keitai disposant de sa propre adresse e-mail) prendre des photos, écouter de la musique, regarder la TV, jouer ou même effectuer un paiement.

Il faut également distinguer deux différences majeures entre la téléphonie au Japon et en Europe : le réseau Japonais n’est pas un réseau GSM (donc impossible d’utiliser un téléphone européen à l’exception des modèles récents de smartphones compatibles 3G-4G) mais un réseau W-CDMA (3G UMTS 2100Mhz, 3G CDMA2000 800 Mhz ou LTE band 1), et les fonctionnalités high-tech du keitai japonais high-tech par rapport aux mobiles étrangers et les smartphones.

Marché du mobile au Japon

Le marché de la téléphonie mobile japonaise est divisé en 3 gammes différentes : les sumātofon (スマートフォン) -les smartphones-, les garakei (ガラケイ) -keitai aux multiples fonctionnalités cités ci-dessus-, et les téléphones mobiles de base ou PHS (Personal Handy-phone System) appelés handifon (ハンディフォン) ou picchi (ピッチ) au Japon.

Contrairement à l’Europe, le téléphone mobile est choisi en fonction de l’opérateur, chacun d’eux disposant d’un terminal personnalisé avec un système d’exploitation différent et des applications natives. Le désimlockage n’est pas obligatoire, et de timides efforts à ce sujet commencent à peine à voir le jour depuis Mai 2015.

Selon la Telecommunication Carriers Associations, le nombre total de souscriptions à la téléphonie mobile au Japon s’élève en Juin 2015 à 151492700 abonnements (soit 119,3% de la population japonaise), dont 67.531.500 abonnements pour NTT Docomo, 44.074.200 abonnements pour Au-KDDI, et 39.887.000 abonnements pour Softbank.

Connexions mobiles 3G & 4G dans le monde (01/2015)

  • Pourcentage d'utilisation (%)
0+
connections mobiles actives au Japon
Opérateurs téléphonie mobile, Japon
Garakei, le téléphone japonais

Il est très difficile pour les fabriquants étrangers – hors constructeurs de sumaho (スマホ) ou smartphones tels que Apple, HTC et LG Electronics – de pénétrer le marché de la téléphonie mobile japonais en raison des exigences des utilisateurs, habitués aux fonctionnalités propres des keitai (garakei) qui demeurent uniques et exclusivement réservées au marché domestique nippon.

Selon une étude du cabinet d’études nippon MM Research Institute (MMRI), les ventes de téléphones à caplet garakei au Japon (~27%) ont progressé de 6% sur l’année 2014 pour un volume de 10,4 millions d’unités, alors que les ventes de smartphones (~72%) ont reculé pour la 2ème année consécutive de 7,2 %, soit plus de 27,4 millions d’appareils.

Moins cher, plus robuste et d’une plus grande autonomie qu’un smartphone, le garakei est considéré plus polyvalent et mieux adapté à la demande des consommateurs nippons, avec ses nombreuses fonctionnalités propres au Japon et indisponibles sur d’autres types de mobiles. Depuis le début des années 2000, les japonais sont habitués à utiliser ces téléphones aux technologies innovatrices, leur permettant de payer dans les commerces, de scanner le QR d’un produit, de regarder la TV, etc.

Fonctionnalités des téléphones japonais

Les mobiles japonais ont toujours disposé d’une longueur d’avance sur les modèles occidentaux en innovation technologique. Le 1er téléphone portable incluant un appareil photo fut commercialisé en Novembre 2000 au Japon : le J-Phone (写メール) pouvait à la fois prendre une photo et l’envoyer par email. Le Japon fut également le 1er pays à commercialiser le système 3G Mobile.

Parmi les fonctionnalités présentes sur les keitai aujourd’hui, on retrouve celles des smartphones actuels (email, photo, video, musique, web, jeux, applications, gps, etc) mais aussi des fonctions propres aux mobiles japonais : buzzer anti-crime (envoi automatique d’une alerte à la police), reconnaissance faciale/empreinte digitale, écran rotatif, TV & VOD, e-commerce, moyen de paiement : FeliCa, ticket de transport, QR scan, téléphones étanches, etc.

Certaines de ces fonctionnalités développées pour l’usage domestique uniquement, ne fonctionnent pas à l’étranger, et quoique populaires, souffrent comme les ATM (guichet automatique) japonais de par leur limitation au sol nippon de ce que l’on appelle le ‘syndrome des Galapagos’ dans le milieu, à savoir un isolement de ce savoir-faire technologique orienté vers le marché national japonais exclusivement.

Culture mobile au Japon

Omniprésent dans la société japonaise moderne, le keitai est un outil à tout faire : ludique, pratique, éducatif, il permet l’accès aux réseaux sociaux, et offre de nombreuses possibilités. Son utilisation intensive change néanmoins progressivement les relations entre individus au Japon. Des études récentes auraient revélé des comportements compulsifs pathologiques chez les collégiens et lycéens (en particulier en Corée et au Japon), phénomène en progression depuis l’introduction des smartphones.

Ce besoin d’être connecté en permanence et partout engendre un certain isolement des individus, au détriment des contacts sociaux ‘réels’ et interactions qui en découlent. Dans une société déjà fortement codifiée, le keitai est souvent – en particulier chez les jeunes – un moyen d’échapper aux structures sociales et parentales rigides.

Comparés aux occidentaux, les japonais préfèrent envoyer des messages, jouer, regarder des vidéos ou encore lire sur leur mobile, plutôt que de passer des appels. L’étiquette japonaise est très stricte et il est considéré comme très impoli de passer ou recevoir des appels dans les transports en commun ou les lieux publics. La culture japonaise valorise l’harmonie sociale, et condamne les nuisances à autrui.

Mode japonaise pour les mobiles

Au Japon, de nombreux possesseurs de keitai personnalisent leur mobile avec différents accessoires, tels que des stickers de style maki-e (蒔絵), des pins décoratifs à insérer dans la prise écouteurs, ou encore en ajoutant une lanière ou un pendentif, ou en changeant dans certains cas les coques de protection et les façades de l’appareil.

Certains grands noms de la mode ont su saisir l’opportunité de ce besoin d’identification et de reconnaissance sociale, et ont profité de ce phénomène de trend pour introduire des accessoires à leur effigie, très en vogue parmi la gent féminine asiatique. On trouvera ainsi des straps, pendants, etc. commercialisés à des prix conséquents par des enseignes telles que Gucci, Louis Vuitton ou encore Chanel.

On trouve des stickers, coques personnalisées, straps et pendants à ficher dans la prise des écouteurs, du konbini au magasin d’électronique en passant par les department stores. Il est probable que cet engouement des japonais pour les pendants et autres objets attachés aux téléphones, clés, sacs, etc, provienne de l’époque Edo (江戸時代) ou il était coutume de pendre des objets à ses vêtements à l’aide d’un netsuke (根付), petit objet sculpté servant d’attache.

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